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RDC Informations du 15/09/2016

Les négociateurs du « dialogue national » congolais ont annoncé hier à Kinshasa avoir trouvé un accord sur la « séquence des élections » à venir en République démocratique du Congo, mais sans fixer de date. Cet accord doit permettre la reprise des travaux de ce forum aujourd’hui après-midi. La délégation de l’opposition avait suspendu sa participation au dialogue lundi en faisant valoir une divergence de vue « non négociable » avec la majorité sur la priorité à accorder à l’élection présidentielle. Aux termes de l’accord, « la présidentielle, les législatives nationales et les législatives provinciales (…) se dérouleront exactement le même jour », a déclaré à la presse le ministre de la Justice, Alexis thambwe mwamba, comodérateur du dialogue pour le compte de la Majorité présidentielle. « Nous avons retenu d’un commun accord que la séquence présidentielle, législatives nationales et provinciales (…) doit se passer le même jour », a confirmé Vital Kamerhe, comodérateur de la frange minoritaire de l’opposition ayant accepté de dialoguer avec le pouvoir. Ce compromis suscite les commentaires des journaux parus jeudi 15 septembre à Kinshasa. Ce n’est cependant pas, loin de là, le seul problème que continue à poser le « dialogue ». Les deux parties ont indiqué qu’elles laisseraient le soin à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de fixer la date à laquelle se tiendront ces scrutins en fonction du temps nécessaire à la constitution de listes électorales fiables. Avant la suspension des travaux, la délégation de l’opposition insistait pour « tenir en priorité la présidentielle ». La majorité, au contraire, affirmait qu’il faudrait tenir cette élection après l’organisation de tous les autres scrutins en retard. Sur l’avenir de JKK, M. Thambwe a déclaré à la presse que celui-ci resterait en fonctions au-delà du 20 décembre comme l’y autorise un arrêt rendu en mai par la Cour constitutionnelle. « Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il dit, ajoutant que la majorité était favorable à la constitution d’un gouvernement élargi à des membres de l’opposition. M. Kamerhe, a laissé entendre pour sa part, que la question du maintien de M. Kabila après le 20 décembre n’avait pas encore été tranchée mais que la responsabilité de la non-tenue de la présidentielle dans les temps prévus par la Constitution incombait au gouvernement et que celui-ci devait par conséquent « tomber ». Alors, finalement, avec ce « dialogue », où en est-on ?
« Dialogue » / Séquence

Voici sur la question un avis qui frappe par l’élégance du style et la clarté de l’expression. Cela vient de Digitalcongo : « L’opposition qui a réussi à caresser le rêve de pouvoir obtenir mercredi la séquence électorale à venir n’aura plus à déchanter. Tant, le dialogue qui a achoppé sur ce même ordre, va dorénavant baliser la voie aux élections apaisées ». (Ah bon ? Vous m’en direz tant ! C’est beau, le volapük, mais ça donne quoi, en français ? NdlR)

Tant que nous y sommes, restons dans les avis officiellement autorisées. Le Bulletin de l‘ACP rapporte qu’il y a eu Convergence de vues entre la Majorité présidentielle et l’opposition. Il ressort du bulletin quotidien qu’au dialogue politique national inclusif, les délégués des composantes Majorité présidentielle (MP) et opposition ont convergé, hier, sur la question de séquence électorale, aux termes de deux jours de négociations tantôt directes, tantôt dans le cadre de bons offices de Edem Kodjo, facilitateur de ce forum national. Après des tractations, les deux délégations ont abouti à l’organisation en une séquence des élections présidentielles et législatives nationales et provinciales. Et ACP d’ajouter ; les élections locales pourront être organisées concomitamment à celles-ci si les moyens techniques et financiers les permettent, a indiqué Léonard She Okitundu, porte-parole de la MP à ces assises, qui a lu à l’intention de la presse le communiqué final de ces négociations. Il a souligné qu’au cas où ces moyens ne seraient pas réunis, les élections locales seront convoquées à une date ultérieure qui sera fixée après le scrutin présidentiel.

L’Avenir titre «Séquence des élections en RDC: La MP et l’opposition signent un accord» Le compromis a été trouvé entre Majorité et opposition en ce qui concerne les séquences des élections. Ainsi, ce sont la présidentielle, les législatives nationales et provinciales qui constituent la première séquence, rapporte L’Avenir. Un compromis qui, estime ce quotidien, n’a ni vainqueur ni vaincu. Seul le peuple congolais en est sorti vainqueur, commente le journal. Comme conséquence de cet accord trouvé à l’arraché, poursuit le tabloïd, les travaux du dialogue vont reprendre ce jeudi à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa, avec la possibilité de finaliser le texte de l’accord vendredi et clôturer les travaux le samedi, espère L’Avenir.
Cependant, s’interroge-t-il, où trouver le financement nécessaire à l’organisation de ces élections ? Si le journal n’a pas répondu à cette question, il soutient néanmoins que le gouvernement qui aura la charge de chercher et trouver les moyens financiers de l’organisation de cette séquence électorale n’est pas celui qui est aux affaires actuellement. C’est en tout cas ce qu’ont affirmé les deux délégués de la Majorité et l’opposition devant la Communauté internationale, le facilitateur et toute la classe politique présente au dialogue, estimant que le compte à rebours a commencé pour le Gouvernement Matata.

Mais les défauts de ce système apparaissent même dans les dicours de la Majorité, objecte l’Info en ligne des Congolais de Belgique sous le titre « Dialogue » : She Okitundu contredit Louis Michel et accuse Kabila de mauvaise gouvernance.
« À force de vouloir justifier l’injustifiable, même un esprit intelligent en arrive à se contredire, à se mêler les pinceaux. Lors d’une déclaration devant la presse le mercredi 14 septembre 2016 dans le cadre du « dialogue » versus Kabila-Kodjo, monsieur She Okitundu délégué de la majorité présidentielle à ce forum en a fait l’amère expérience. Il a prononcé des propos qui, une fois projetés sur le règne de monsieur Kabila sont, et des accusations, et des véritables aveux d’échec. Les voici.
1. « L’organisation des élections de la base au sommet est mieux appropriée, ce qui implique de commencer le troisième cycle électoral par les scrutin locaux, et le terminer par l’élection présidentielle. » Pour chercher à justifier leur position, les kabilistes affirment cela. Oublient-ils qu’à Sun City, c’est cela qui avait été décidé ? Par quelle magie, lors des élections de 2006, cela n’a-t-il pas été respecté ? Et en 2011 ?
L’opinion se souviendra que pour imposer Joseph Kabila à la tête du pays, le belge Louis Michel alors tout puissant dans le dossier RD CONGO avait affirmé ceci : « Il importe de commencer les élections par le sommet afin d’avoir quelqu’un avec qui travailler ». À l’époque, She Okitundu était déjà dans le pré-carré de Joseph Kabila. Il doit très bien s’en souvenir.
2. « En droit électoral comparé, la pratique enseigne que les scrutins locaux ont toujours précédé l’élection présidentielle» Il y a eu élection présidentielle en RD CONGO en 2006 et en 2011, les scrutins locaux n’ont pas précédé la présidentielle. En ce temps-là, le droit électoral comparé n’avait pas cours ? Ce droit électoral comparé ne peut donc s’appliquer au Congo qu’en 2016 ?
3. « L’antériorité des élections locales s’impose, le constituant a opté pour une forte décentralisation dans le cadre d’un régionalisme constitutionnel appelé à faciliter et à améliorer la gouvernance dans un pays continent… Or à ce jour, aucun scrutin local n’a vu le jour depuis l’adoption par référendum de la constitution en vigueur… »
De 2006 à ce jour, les Kabilistes ont été au pouvoir sans se soucier de la nécessaire antériorité des élections locales, gages d’une bonne gouvernance dans un pays continent. Cela est ainsi un aveu patent qu’il n’y a pas eu (et il n’y a toujours pas) bonne gouvernance. Beau compliment pour son Chef.
4. « Nous sommes confrontés à un arriéré électoral local qui constitue particulièrement une épineuse entrave à la restauration de l’autorité de l’état sur l’ensemble du territoire ». Tout un règne sans élections locales, préalables à la restauration de l’autorité de l’état sur l’ensemble du territoire. Y a-t-il meilleure justification de l’incapacité du régime Kabila à assurer la sécurité à Beni par exemple ?
Si l’on devrait s’en tenir à l’argumentaire de She Okitundu et ses compères pour justifier la position de la « majorité présidentielle » lors du « dialogue », on est en réalité en présence d’un aveu d’incompétence et d’aventurisme d’une clique d’individus au sommet de l’état depuis plusieurs années, le « conglomérat d’aventuriers » dont parlait Feu Laurent Désiré Kabila.
Face à un tableau aussi piteux, la logique la plus simple n’impose-t-elle pas de passer la main, de laisser à d’autres la direction de l’état, d’assurer rapidement l’alternance au sommet de l’état ? »

Pour AfricaNews, cet accord est un point marqué par l’Opposition qui a tenu et exigé que la Présidentielle soit organisée en premier lieu, après qu’elle a cédée sur la question de la refonte totale du fichier électoral. Le quotidien fait cependant remarquer que l’accord trouvé est très proche de la proposition de l’Eglise Catholique, qui était favorable au couplage de toutes les élections en vue de satisfaire tout le monde.

Le Phare pour sa part estime que « La Majorité et l’Opposition accouchent d’un monstre». « Comme on s’y attendait, la Majorité Présidentielle et l’Opposition présente au dialogue ont fini par trouver un compromis autour de leur divergence relative à la séquence des élections. C’était à l’issue d’une réunion tripartite Facilitateur-Majorité-Opposition tenue hier mercredi 14 septembre 2016 à Pullman Hôtel. Selon des sources concordantes, il y avait, autour de la table, le Facilitateur Edem Kodjo, Alexis thambwe mwamba (MP), Aubin Minaku (MP), Léonard She Okitundu (MP), Shadari (MP), André Kimbuta (MP), Vital Kamerhe (Oppos.) Samy Badibanga (Oppos.), Jean-Lucien Busa (Oppos.) et José Makila (Oppos.).
Dans un point de presse qu’il a animé en fin d’après-midi, le Facilitateur Kodjo a fait état de la fin du vrai-faux bras de fer entre les deux composantes et de la reprise des travaux du Dialogue dès ce jeudi après-midi à 15 heures à la Cité de l’Union Africaine. Sauf imprévu, la cérémonie de clôture pourrait intervenir ce samedi 17 septembre. En gros, la Majorité Présidentielle et l’Opposition sont tombées d’accord pour la refonte totale du fichier électoral et l’organisation, le même jour, des élections couplées présidentielle, législatives nationales, législatives provinciales et locales.

Naissance d’un monstre
Les observateurs notent, pour leur part, que la Majorité Présidentielle et l’Opposition viennent d’accoucher d’un monstre. Il y a lieu de s’interroger, de prime abord, sur les formats que devraient prendre les bulletins de vote pour au moins cinq scrutins. Dans l’hypothèse où il y aurait un minimum de 50 candidats « Président de la République », l’électeur aurait à feuilleter trois à quatre pages avant de jeter son dévolu sur son favori. Une fois cette épreuve terminée, il lui faudrait consulter un second « syllabus » avec au moins une centaine de candidats « Députés nationaux » ou plus par circonscription. Le troisième test serait un «syllabus » reprenant également une centaine de candidats « Députés provinciaux » ou plus ; le quatrième « syllabus » à éplucher serait celui d’une centaine de candidats « Bourgmestres et bourgmestres adjoints » ou plus par circonscription. Enfin, le cinquième « syllabus »reprendrait également une centaine de candidats « Chefs de secteurs » et « Chefs de Secteurs adjoints » ou plus.
Avec cinq « syllabus » en mains, combien de temps faudrait-il à chaque électeur dans le bureau de vote pour « accomplir son devoir physique » ?
S’il faut tabler sur un minimum de trente minutes par électeur pour se faire identifier, se faire remettre ses cinq bulletins de vote, choisir ses candidats, porter leurs noms sur les bulletins de vote et les glisser dans les urnes, il serait impossible de faire voter les 40 millions d’électeurs en un jour ou deux. Les opérations de vote devraient être étalées sur une semaine à Kinshasa et dans les principales villes de pays et au-delà dans les provinces sans routes.
Quel serait le sort des analphabètes, contraints de se faire assister par des proches lettrés ou des agents des bureaux de vote, face aux différents « syllabus » reprenant les noms des candidats à la présidence de la République, à la députation nationale, à la députation provinciale, à la direction des communes et secteurs ?
Le constat à faire, au regard de l’option levée par la Majorité Présidentielle et l’Opposition, est qu’elles ne veulent pas que les Congolais aillent aux urnes. Ou, si elles sont animées de la volonté de les y conduire tout de même, c’est pour provoquer des cafouillages indescriptibles dans les centres et bureaux de vote. A ce rythme, la RDC s’apprête à connaître les élections les plus opaques de son histoire.

« Glissement » sans fin ?
D’aucuns pensent qu’en évoquant la clause de l’incertitude de financement des élections locales, la Majorité Présidentielle et l’Opposition présente au dialogue se sont inscrites dans la logique du « glissement » sans fin. Pourquoi tiennent-elles au couplage de cinq scrutins dès lors qu’il est quasi certain que les moyens financiers vont faire défaut, compte tenu du pourrissement de la conjoncture économique internationale et de la chute libre des recettes internes ?
Si les deux composantes veulent réellement permettre aux Congolais de voter, elles devraient déterminer un ordre de priorité, en démarrant par la « présidentielle », constitutionnellement verrouillée par le législateur. Les participants au dialogue ne doivent feindre ignorer que l’élection qui tient le plus leurs compatriotes à cœur, c’est celle devant leur permettre de se choisir un nouveau Président de la République, celui en exercice ayant épuisé ses deux mandats. Pourquoi cherchent-elles à compliquer une équation qui n’a plus d’inconnue ? »

La Prospérité rayonne d’un joyeux soulagement et titre : « Enfin, la Présidentielle d’abord. Opposition-Majorité : la tempête apaisée ! ».
La Présidentielle sera couplée aux législatives nationales et provinciales. La composante Opposition politique a, finalement, décidé de reprendre le chemin de la Cité de l’Union Africaine où se tient le Dialogue politique censé ouvrir la voie à des élections apaisées en RDC. Un accord a été trouvé pour que la présidentielle, les législatives nationales et provinciales se tiennent le même jour. Cela signifie que toutes les parties prenantes au Dialogue se sont entendues qu’il n’y aura pas d’élections en 2016. Cela signifie aussi que le fichier électoral de 2011 est définitivement enterré.
Pour La Prospérité, il reste maintenant à déterminer les principaux animateurs des Institutions, l’accord politique trouvé entre majorité et opposition ayant ouvert la voie à une période de transition politique.
A en croire le quotidien en effet, le compromis trouvé sur la séquence des élections signifie simplement que toutes les parties prenantes au dialogue se sont entendues qu’il n’y aura pas d’élections en 2016. Cela signifie également, analyse le quotidien, que le fichier électoral de 2011 est définitivement enterré. Par ailleurs, au-delà de l’épineuse question de la détermination des principaux animateurs de cette transition, plusieurs questions, non des moindres, subsistent même après cet accord. Il s’agit notamment de la définition du nouveau calendrier électoral. Les gens aimeraient, tout de même, savoir les différentes dates auxquelles seront organisés les trois scrutins directs, suppose le quotidien. A cela s’ajoute la question de la composition de la CENI dont l’Opposition pro-dialogue exigeait une restructuration.
La Prospérité annonce enfin que le dialogue devrait se terminer ce samedi. Après deux jours de blocage, le train du dialogue devrait, ce vendredi 15 septembre, aux environs de 15 heures reprendre son chemin. Cela, pour s’achever samedi 17 septembre. A l’issue de ce forum, un calendrier précis pour toute la série d’élections va être rendu public. Mais, il sied de dire qu’il n’y aura plus d’élections cette année puisque les dialogueurs ont opté pour une refonte totale du fichier avec un chronogramme de dix mois et demi. Quoique bénie par la communauté internationale malgré ce report, cette option n’est pas acceptée par le Rassemblement et nombre d’autres organisations telles que la Lucha, Filimbi etc…

En effet, le Rassemblement maintient sa « manif » prévue pour le 19 et, avant l’annonce de l’accord, la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignés né dans l’est du pays et se présentant comme non partisan, avait présenté son « ultime solution » pour permettre la tenue de la présidentielle avant la fin du mandat de M. Kabila. En l’absence de fichier électoral fiable, la Lucha propose que l’identification et l’inscription des électeurs ait lieu en même temps que le vote, sur « un ou deux jours ». S’adressant à la « classe politique », la Lucha a dit espérer qu’elle saurait saisir sa proposition comme une « dernière occasion » de « revenir sur la voie de la sagesse » plutôt que d’entraîner le pays dans une période incertaine de suspension du cadre constitutionnel, mais son appel n’a pas été entendu par les participants au dialogue.

Le Potentiel constate « Séquence des scrutins : la MP et l’Opposition parviennent enfin à un accord ».
Selon lui entre la Majorité présidentielle et l’Opposition, les nuages ont été dissipés quant à la séquence des scrutins. A en croire le confrère, Edem Kodjo, Alexis Thambwe et Vital Kamerhe se sont tous exprimés devant la presse.

Forum des As titre en manchette « Ordre des scrutins: la MP baisse la garde, la présidentielle d’abord ».
FdA fait savoir que l’élection du président de la République sera organisée en une séquence avec les législatives nationales, les provinciales et les locales.

« Dialogue »/ « Tous à la soupe !… Pardon : au nouveau gouvernement

M. Thambwe a déclaré que JKK resterait en fonctions au-delà du 20 décembre et qu’il »Il n’y a aucun doute là-dessus », cependant que M. Kamerhe, a laissé entendre pour sa part, que la question du maintien de M. Kabila après le 20 décembre n’avait pas encore été tranchée. Premier « désaccord dans l’accord ». Thambwe s’est aussi dit favorable à la constitution d’un gouvernement élargi à des membres de l’opposition. Kamerhe a ajouté que la responsabilité de la non-tenue de la présidentielle dans les temps prévus par la Constitution incombait au gouvernement et que celui-ci devait par conséquent « tomber ». Curieux discours de la part d’un ancien Président de la Chambre, qui devrait savoir que seul un vote de la Chambre, et pas une décision d’un vague caucus, même baptisé « Dialogue », peut faire « tomber » un Gouvernement.

A propos du « nouveau gouvernement, Le Phare titre, en toute modestie : « Le Phare avait vu juste : Dialogue, le partage des postes en marche ». Il écrit :
« Officiellement, les travaux du Dialogue étaient bloqués depuis le lundi 11 septembre 2016 à cause de la divergence de vue autour de la «séquence des élections », la Majorité présidentielle soutenant l’organisation prioritaire des « locales » et l’Opposition celle de « la présidentielle ». Selon les fuites qui ne cessent de filtrer des couloirs de la Cité de l’Union Africaine, le véritable casus belli se trouve ailleurs.
Des participants, qui se confient aux médias à visages découverts, n’hésitent pas à confirmer les révélations faites en son temps par Jean-Bertrand Ewanga, Secrétaire général démissionnaire de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), le parti de Vital Kamerhe. On se rappelle que cet acteur de l’Opposition avait martelé que l’enjeu caché du dialogue était le « glissement », dont la contrepartie morale et financière pour les « opposants » favorables à ce schéma était le gain des portefeuilles ministériels ou des postes de gestion dans les entreprises du Portefeuille de l’Etat.

Les ministères stratégiques non négociables
On laisse entendre, à ce sujet, que la Majorité Présidentielle n’entend céder ni la Primature, ni les ministères qu’elle estime stratégiques tels que l’Intérieur, les Affaires Etrangères, les Finances, la Communication et Médias, encore moins la Banque Centrale du Congo. Pourtant, nombre d’opposants ne jurent que par la Primature et des méga-ministères, qu’ils considèrent comme la « prime » qu’ils méritent pour leur allégeance à la famille politique du Chef de l’Etat dans son obsession à geler, aussi longtemps qu’elle le pourrait, l’élection présidentielle.
Mais, selon les paramètres en présence, la bataille de la Primature semble perdue d’avance pour l’Opposition, qui serait bien obligée de signer l’Accord politique en gestation après avoir fait un chantage de façade, pour la consommation intérieure et extérieure. On apprend aussi que le mécontentement serait en train de gagner les rangs la plupart des délégués de l’Opposition et de la Société Civile qui commencent à avoir le sentiment qu’ils vont finir leur séjour à la Cité de l’Union Africaine comme des dindons de la farce. La réalité est qu’en dépit de leurs gesticulations, un petit carré d’opportunistes de l’Opposition va se tailler la part du lion dans le quota des postes ministériels et de mandataires publics que voudra bien lui accorder la Majorité présidentielle. Dès que le partage des postes sera acquis, le dialogue pourrait enfin atterrir, avec des Résolutions sans lendemain, à l’instar de celles des Concertations Nationales.

Les « Mobutistes » en première ligne
Ce qui fait tiquer plus d’un Congolais, c’est la présence des «Mobutistes » en première sur le banc de la Majorité Présidentielle. Ces génies du mal, qui avaient largement contribué à la faillite du « mobutisme » en torpillant les « Résolutions » de la Conférence Nationale Souveraine ainsi que toute possibilité d’organisation des élections locales, législatives et présidentielle, ont repris activement du service avec leurs stratégies de blocage des forces politiques et sociales acquises au vrai changement de gouvernance au sommet de l’Etat. Alors que le peuple congolais attend impatiemment d’être conduit aux urnes dans les délais constitutionnels, ils sont en train de reproduire les erreurs du passé, avec des « Conclaves » «Concertations », « Tables Rondes », « Dialogues » …fondés sur l’exclusion des personnalités politiques qui ne demandent qu’à être soumises à la sanction du souverain primaire dans les urnes. Comment ces faux stratèges politiques ayant provoqué la descende aux enfers de Mobutu et du mobutisme peuvent-ils rêver de dribbler un peuple politiquement éveillé depuis l’ouverture de l’ex-Zaire au multipartisme, le 24 avril 1990? 26 ans après, les Congolais vont-ils tolérer d’être embarqués dans une nouvelle et interminable transition ? Les jours et mois à venir vont apporter une réponse à tous ».

(Exactement comme au moment des Concertations, on va s’apercevoir maintenant que s’il est facile d’attirer beaucoup de monde en sonnant la cloche du déjeuner, on se sent nettement moins populaire lorsqu’on doit annoncer « Il n’y en aura pas pour tout le monde… » NdlR)

« Dialogue » / ONU et sécurité

Mais le « Rassemblement », avec la majeure partie de l’opposition a appelé à manifester dans tout le pays lundi 19 septembre pour exiger la convocation des électeurs aux urnes, et le départ de M. Kabila le 20 décembre. Or, l’ONU se dit préoccupée par l’emploi d' »armes létales » pendant le « Contrôle des manifestations ». C’est ce qu’a déclaré hier un responsable onusien en République démocratique du Congo après des heurts mortels entre civils et policiers dans le pays. « Nous sommes très préoccupés par l’utilisation des armes létales dans le contrôle des manifestations » contre le pouvoir « par les forces armées ou par la PNC » (Police nationale congolaise), a indiqué José-Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH), lors d’une conférence de presse à Kinshasa. Il répondait à une question sur les heurts entre forces de l’ordre et habitants qui avaient éclaté vendredi à Kasumbalesa, dans le sud-est de la RDC. Ce jour-là, les habitants de cette ville frontalière de la Zambie s’étaient révoltés contre l’insécurité après le meurtre d’un commerçant. Le BCNUDH a documenté au moins sept morts : « six civils tués par les armes létales », et « un policier qui a été asphyxié par la population », a précisé M. Aranaz.

(La formule « Ce qui compte c’est le respect de la Constitution » a depuis longtemps quitté le domaine politique pour devenir une incantation. Elle est d’ailleurs usitée dans tous les camps de sorte que, si la guerre civile éclate demain, on devra constater, quand elle sera finie et qu’on en sera à compter les cadavres, que jamais dans l’Histoire on n’aura vu un tel bain de sang, répandu entre gens aussi parfaitement d’accord sur le respect de la Constitution !
Celle-ci fixe certains délais : les élections devraient être convoquées dans quelques jours, se tenir en novembre, et désigner alors un successeur à qui JKK passera la main le 20 décembre. Comme le constate la CENI, ce ne sera possible que si l’on va aux élections avec le même fichier qu’en 2011. C’est inacceptable pour deux raisons : 1° l’obsolescence car il y a dans ce fichier un tas de morts qui ne voteront plus, et un autre tas de gens qui devraient voter n’y sont pas, 2° ce fichier est suspect de contenir toutes sortes d’irrégularités : militaires, bébés, électeurs « fantômes », et bien sûr, « étrangers » – catégorie qui, pour rappel, englobe non seulement les prétendus « rwandais » mais aussi les titulaires d’une double nationalité. On dirait que la CENI a fini par se rendre compte de la profonde méfiance qu’inspire ce fichier, puis qu’il n’est plus question de « mise à jour » ou de « toilettage », mais bien de sa « refonte ». Encore qu’on ne nous dise pas ce que couvre ce changement de vocabulaire, le mot est beaucoup plus fort. Les mots forts peuvent cacher de bien petites choses, dira-t-on, mais les problèmes n’est pas là. Il réside dans l’extrême méfiance des Congolais envers les listes électorales, depuis les magouillages de 2011. Il n’y a pas 36 manières de surmonter cette méfiance : il faut que la liste des électeurs soit vérifiable. Comment vérifie-t-on une liste ? En la comparant avec une autre liste. Et pour disposer de celle-ci, il faut recenser la population. L’absence de volonté d’y procéder est la meilleure preuve que la RDC s’installe dans une culture politique de la fraude. Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Le fait que feu Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, ait été remis un temps à la Présidence de la CENI, était une promesse de beaux jours pour les fraudeurs ! Mais on n’en tient guère compte. Que les élections aient été nulles, comme elles l’ont été, ou qu’elles aient été gagnées par Tshisekedi, comme on se complaît à le rêver à l’UDPS, le fait est que Kabila, depuis 2011, a fait proclamer des résultats qui le déclaraient vainqueur et s’est maintenu en place depuis bientôt 5 ans par la force et l’intimidation. Pourquoi aller discuter de la fin d’un mandat constitutionnel à propos de quelqu’un qui ne détient aucun mandat de cette sorte ? Pourquoi même lui supposer la moindre velléité de se soucier d’une Constitution qu’il viole quotidiennement depuis cinq ans. La réalité dite crûment, c’est qu’il est en place par la force et ne la quittera que par la force.
La discussion sur la date buttoir pour bouger, est-ce le 30 septembre, si à cette date l’élection présidentielle n’est pas convoquée ou trois mois plus tard, à la fin effective du mandat, n’a donc aucun sens. Un mandat inexistant n’a bien sûr ni commencement, ni fin ! Tout aussi irréaliste est la discussion sur le fameux arrêt de la Cour Constitutionnelle. Elle n’a rien décidé du tout et encore moins autorisé. Cette cour ne pouvait se prononcer que sur ce que la constitution a prévu à savoir : l’empêchement d’un président durant son mandat, non encore expiré, à exercer ses fonctions. Avec Kabila actuellement- si seulement il avait été élu en 2011 – nous sommes dans le cas de ce qui serait une fin de mandat constitutionnelle …. Eventualité sur laquelle la Constitution est muette.
Il est permis de ne pas être ébloui par la prestation du « complicateur », et de se demander pourquoi l’UA n’a pas désigné comme « facilitateur » un ex-président africain ayant « rendu son tablier » sans problème, comme Thabo Mbeki, Jakaya Kikwete ou Goodluck Jonathan.. La « Communauté internationale » exige que les dirigeants congolais organisent l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel. C’est-à-dire avant la fin de l’année en cours. Soit, au plus tard le 20 novembre prochain. Dans leur argumentaire, ces « grands » du monde évoquent les risques d’une instabilité généralisée en RD CONGO, si jamais ce scrutin tant attendu n’était pas organisé dans les échéances prévues. Mais l’instabilité brandie en cas de non-tenue de la présidentielle dans les délais pourrait tout aussi bien surgir à l’issue des scrutins mal organisés dans le timing. Faites le total : les Congolais, qui doivent impérativement se méfier les uns des autres, sont invités à se rendre à l’invitation d’un « facilitateur » qui ne convainc personne et est donc davantage un « complicateur » et de la « communauté internationale » dont on sait qu’elle ne veut pas que du bien à la RDC et que ses membres se tirent dans les pattes, pour organiser des élections qui ne seront pas crédibles si on les organise dans les délais et qui ne seront pas acceptées si cela ne se fait pas, au cours d’un « dialogue » que chacun définit de façon différente. Etonnez-vous, après ça, que la mayonnaise ne prenne pas ! Tout ce qui se dit du « dialogue » renvoie à la partie de bras de fer engagée entre deux conceptions du « dialogue». JKK a fait étalage de sa volonté de suivre le processus programmé par la CENI, et l’opposition « conclaviste » de son soutien à Tshisekedi. Le « Dialogue » sombrera dans l’insignifiance si Kodjo ne parvient pas à y obtenir la présence au moins de l’UDPS, désormais renforcée d’une bonne partie de l’Opposition.
Ce que la MP veut par-dessus tout c’est un Dialogue National similaire aux Concertations Nationales, un forum sévèrement surveillé, formaté à l’avance et dont les résolutions seront transmises au « Chef de l’Etat » qui a son tour les transmettra aux institutions nationales pour analyse, observation et exécution éventuelle. Dans ce cas, l’UDPS ne voit pas pourquoi elle participerait à un tel forum inutile.
L’ »Opposition de Genval » veut obtenir la garantie que les Résolutions du Dialogue National seront impératives et opposables à tous et désire avoir, quant à la liberté des débats et la sécurité des participants, des garanties internationales. Dans un premier temps, il s’agissait d’en confier toute l’organisation à la MONUSCO et peut-être même de se réunir à l’étranger. Plus récemment, il s’est agi d’un « encadrement » par une brochette d’organisations qui devrait comprendre l’ONU, l’UE, l’UA, l’OIF et les USA. En caricaturant à peine les choses, on pourrait dire que la MP a pour idéal une sorte de « Congrès du PPRD et alliés + quelques invités », axé sur la perpétuation du régime actuel, et que l’UDPS verrait volontiers une sorte de Tribunal de la Communauté Internationale se charger enfin de « régler le contentieux électoral de 2011 », c’est-à-dire, dans l’imaginaire udepsien , de proclamer Tshisekedi président.
Si un Tribunal Tribunal de la Communauté Internationale chargé de « régler le contentieux électoral de 2011 », tel que l’UDPS l’imagine, existait, il commencerait par mettre équitablement aux fers tant Kabila que Tshisekedi, pour avoir l’un et l’autre tenté de prendre le pouvoir après des élections NULLES[1]. en 2011 . NdlR)

mk

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