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RD CONGO: La médiation par l’Église catholique apporte une lueur d’espoir

Les évêques de l’Église catholique romaine de la RD CONGO parviendront-ils à trouver une issue à la dangereuse impasse politique dans laquelle se trouve le pays ?

À la demande du président Joseph Kabila, les évêques catholiques ont entrepris, cette semaine, des consultations avec les groupes de l’opposition et de la société civile visant, comme nous l’a indiqué un des évêques, à trouver un consensus qui éviterait les violences après le 19 décembre, date à laquelle le président Kabila sera obligé, selon la constitution, de quitter ses fonctions.

Les discussions ont inclus des groupes qui ont refusé de participer au « dialogue national » ou qui ont rejeté ses conclusions récentes, car il permettrait à Kabila de rester au pouvoir au moins jusqu’en avril 2018. img_0713

Précédemment, la Commission épiscopale nationale du Congo (cenco) a exhorté les hommes politiques à renégocier les conclusions du dialogue national et à garantir que des élections présidentielles auront bien lieu en 2017. « Il est impérieux qu’il soit clairement mentionné dans le consensus… que l’actuel Président de la République ne se représentera pas pour un troisième mandat », a indiqué la déclaration.

Étant donné son soutien permanent et populaire, la navette diplomatique de l’Église peut contribuer à éviter une crise à grande échelle dans les semaines à venir. Le fait que Kabila ait demandé l’implication de la cenco est un signe positif et s’avère cohérent avec l’appel lancé, la semaine dernière, par les dirigeants de la région pour inciter tous les camps à renforcer les mesures propres à rétablir la confiance.

Mais pour que tout geste de bonne volonté soit crédible, il doit s’accompagner de mesures pour mettre un terme à la répression des activistes et des partisans de l’opposition et pour autoriser les manifestations pacifiques.

Et ce n’est pas le cas. Environ 15 membres du parti d’opposition UDPS ont été arrêtés mardi – les dernières d’une série d’arrestations arbitraires – peu après que plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés pour les funérailles de six membres du parti UDPS. Ces derniers ont été tués au cours de manifestations à Kinshasa entre le 19 et le 21 septembre, lorsque les forces de sécurité ont répondu avec une force excessive, tuant au moins 56 personnes. Les membres de l’UDPS ont été arrêtés alors qu’ils circulaient à bord d’un bus public vers leur domicile après la cérémonie funéraire et ont été détenus toute la nuit avant d’être libérés plus tôt aujourd’hui. Les autorités ont affirmé qu’ils ont été arrêtés parce qu’ils n’ont pas payé leur place dans le bus.

Entre-temps, les six membres du mouvement de la jeunesse pro-démocratique Filimbi qui avaient été arrêtés ont été libérés aujourd’hui après avoir payé des amendes significatives. Les cinq personnes arrêtées samedi ont été accusées de rébellion et de participation à un mouvement insurrectionnel, et tous ont été inculpés d’organisation d’un sit-in pacifique regroupant environ 30 personnes. Un collègue, arrêté lundi après avoir apporté de la nourriture à ses amis et avoir pris des photos pendant leur transfert au bureau du Procureur, a été accusé d’incitation à la désobéissance civile.

À Goma, les trois activistes du mouvement de la jeunesse Lutte pour le Changement (LUCHA), arrêtés le 24 octobre, sont toujours enfermés à la prison centrale. Ils ont été arrêtés après avoir tenté de mobiliser des étudiants pour qu’ils participent à une manifestation pacifique en soutien à une feuille de route pour surmonter la crise politique du pays, qui invite Kabila à quitter ses fonctions d’ici le 19 décembre.

La coalition d’opposition appelée « le Rassemblement » a annoncé qu’elle organisera une réunion publique ce samedi malgré l’interdiction de tout rassemblement politique public décrétée par le gouvernement provincial de Kinshasa. Les organisations de défense des droits humains, y compris l’Association africaine des Droits de l’Homme (ASADHO) et la Voix des sans-voix (VSV), ont dénoncé cette interdiction comme étant une mesure illégale violant les lois et la constitution du pays.

Ida Sawyer

Louis Doulon
Luis Doulon est rédacteur au site presidentmoisekatumbi.com
http://www.presidentmoisekatumbi.com
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