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RD CONGO: Les évêques catholiques jettent l’éponge

Á 7 jours de la date fatidique de la fin du mandat du président congolais, Joseph Kabila, les évêques catholiques et l’opposition tirent la sonnette d’alarme. Les évêques catholiques ont tenté, en vain, depuis octobre de réconcilier la majorité présidentielle et l’opposition, en vue de trouver un compromis á la crise politique.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle et des législatives.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l’État reste sourd aux exhortations de ses détracteurs qui le pressent de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle. eveques_du_congo_a_kinshasa9

Siégeant à Kinshasa, au mois de Mai 2016, la Cour constitutionnelle avait donné raison à la majorité présidentielle qui l’avait saisie pour une requête en interprétation de l’article 70 afin de statuer sur le sort du président dans le cas hautement probable d’un report de l’élection présidentielle censée avoir lieu en 2016.

L’arrêt rendu par la Cour indiquait que le président actuel restera en fonctions jusqu’à l’installation du nouveau président élu pour éviter le vide à la tête de l’État.

La Cour avait choisi de privilégier l’article 70, alinéa 2 de la Constitution qui stipule qu’« à la fin de son mandat, le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu ». Rien n’oblige donc Joseph Kabila à quitter le pouvoir tant qu’un successeur n’aura pas été désigné.

L’interprétation anecdotique et insidieuse de l’article 70 donnée par la Cour Constitutionnelle avait exacerbé la crise politique en RDC.

En octobre, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont conclu un accord prévoyant le maintien de M. Kabila à son poste au-delà du 20 décembre et le renvoi de la présidentielle à une date non fixée, en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.

Le Rassemblement organisé autour de la figure de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, président de l’UDPS, avait rejeté les conclusions de cet accord issu d’un « dialogue national » qu’il avait boycotté.

En novembre, le président Joseph Kabila avait affiché sa détermination dans la crise politique liée au report sine die de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo, refusant de s’écarter de « l’accord politique » conclu avec une partie minoritaire de l’opposition alors que son mandat expire en ce mois.

Pressé par la communauté internationale, M. Kabila avait demandé aux évêques catholiques de mener une médiation entre les signataires de l’accord et le « Rassemblement » en vue d’un compromis politique pour éviter un retour au chaos dans le pays ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003 et qui n’a jamais connu de transition démocratique depuis son indépendance en 1960.

M. Kabila qui avait promis de désigner « incessamment » un nouveau Premier ministre dans les rangs de l’opposition ayant pris part au « dialogue national », avait nommé au poste du Premier ministre le député de l’opposition Samy Badibanga, le 17 novembre, après la démission de l’ancien chef du gouvernement, Augustin Matata Ponyo dans le cadre de l’accord.

Dés lors, le « Rassemblement », qui voudrait obtenir le respect de la Constitution tout en restant ouvert à l’idée d’une discussion qui peut amener le pays à un compromis politique global, agite la menace des manifestations populaires le 19 décembre pour contraindre M. Kabila de quitter le pouvoir.

Après plusieurs semaines de médiation entre le « Rassemblement » et la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l’opposition ayant participé au « dialogue national » en septembre, les évêques catholiques jettent l’éponge.

« L’heure est grave », la Conférence épiscopale nationale du Congo (cenco), « prenant à témoin le peuple congolais et la communauté internationale en appelle à la responsabilité et à la bonne volonté politique des uns et des autres pour éviter à notre pays de sombrer dans une situation incontrôlable », a déclaré l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la cenco lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

Dans une autre declaration publique, la cenco poursuit: « Nous avons pris acte de cet échec » de la médiation de la cenco, « nous recommandons au président de la République, aux autres institutions ainsi qu’au facilitateur » de l’Union africaine, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo « de poursuivre la mise en oeuvre de l’accord politique », a déclaré à la télévision publique Geneviève Inagosi, une porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).

Le  »Rassemblement » a promis de donner incessamment sa position officielle aussi bien sur la déclaration des évêques que celle de la majorité.

A l’heure actuelle personne ne sait avec exactitude comment la transition politique en RDC se ferait sans qu’il ait un dialogue ouvert entre Katumbi, l’opposant le plus populaire en RDC, Etienne Tshisekedi, l’opposant légendaire et Joseph Kabila. Tous ces trois tenors de la politique congolaise, sont pris otage, d’une maniére ou d’autre, par leurs entourages. Un compromis politique est encore possible si Kabila faisait preuve de bonne volonté et l’opposition d’un peu d’ouverture.

Par Guylain Gustave Moke

Louis Doulon
Luis Doulon est rédacteur au site presidentmoisekatumbi.com
http://www.presidentmoisekatumbi.com

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